NOVEMBRE 2007 -
Conférences
Cycle : Peinture, littérature, musique, dialogues
croisés (1780-1900)
par Gilles GENTY, historien d’art, professeur à l’Ecole
du Louvre.
Lorsque Baudelaire et Rimbaud appellent à la fusion des arts et
des sens, ils se situent en réalité dans l’héritage d’une révolution
esthétique commencée à la fin du XVIIIe siècle. Du Baroque au Symbolisme,
l’on passe d’une relation illustrative entre peinture et littérature à un
dialogue des arts entre eux, lequel ambitionne une progressive fusion des
sens du spectateur. Cette évolution aura plusieurs facettes. Par delà les
occurrences littéraires et les traductions picturales ou musicales de tel ou
tel texte, les rapports entre les arts sont de nature dynamique. Les
Impressionnistes engagent, pour traduire le nouvel espace urbain, une fusion
entre peinture, photographie et cinéma naissant :dialogue d’autant plus
original que chaque art nourrit l’autre, de son imaginaire ou de ses
inventions techniques. Au terme de ce parcours chronologique, nous verrons
les arts se répondre les uns aux autres, à l’exemple de ce que nous
ressentons en lisant le “Sonnet des voyelles” de Rimbaud
Lundi 12 novembre
14h30
PEINTURE ET LITTÉRATURE DU
NÉOCLASSICISME À LA RÉVOLUTION
par Gilles GENTY
Si le passage de
l’esthétique rococo de la fin du XVIIIe siècle s’effectue par un retour aux
modèles formels issus de l’Antiquité, il s’opère aussi par la valorisation
des grands exemples de la vertu (exemplum virtutis) dont les artistes vont
trouver les occurrences chez Plutarque, Suétone ou Homère. La simplification
du langage formel est alors le moyen d’atteindre à plus d’efficacité dans la
narration et de symbolisme dans l’iconographie. Voltaire écrit un Brutus,
Marmontel un Bélisaire que peindra David, inventeur du Néoclassicisme. La
Révolution, grâce aux pinceaux de ce dernier, va trouver dans cette nouvelle
esthétique un langage parfaitement approprié à sa volonté de prosélytisme
politique. Des liens passionnants entre littérature et politique vont ainsi
nous apparaître sous un jour nouveau.
Lundi 19 novembre
14h30
BAROQUE SAXON
par Daniel SOULIE
L’art baroque est généralement associé aux mondes italiens et bavarois.
C’est oublier que l’ancien duché électoral de Saxe fut l’une des terres
d’épanouissement de la création artistique au tournant des XVIIe et XVIIIe
siècles : architecture, peinture, sculpture et musique connurent alors un
développement sans pareil sur les rives de l’Elbe et dans les ruelles des
cités marchandes de l’intérieur du pays. La Saxe de l’âge d’or donna
naissance à Permoser, Pöpelmann, Louis de Sylvestre, Haendel et Bach…
Lundi 19 novembre
19h30
LES IMPRESSIONNISTES AMÉRICAINS
par Gilbert CROUE, historien d’art.
Pour nous Français,
“l’Impressionnisme”est une histoire française qui commence vers 1863 avec
Manet et qui se termine avec la mort de Monet en 1926. C’est oublier que ce
courant de modernité dans la technique picturale a touché de nombreux
artistes en Europe et aux Etats- Unis. On peut observer une véritable vogue
des techniques impressionnistes auprès des peintres américains entre 1870 et
1930.Après s’être formés dans les ateliers américains de la côte est, les
jeunes peintres font le voyage de Paris pour fréquenter la célèbre Ecole des
Beaux Arts, la tradition académique et les ateliers des grands maîtres. Mais
leur jeune curiosité les conduit très souvent vers les cercles modernes où
ils découvrent les nouvelles tendances dans les arts. Les recherches
impressionnistes séduisent nombre d’entre eux qui se rapprochent de Monet et
de Giverny, passent leur été en Bretagne et épousent la touche
impressionniste avant de former leur propre style. Mary Cassatt est la plus
connue de ces peintres, mais il faut s’intéresser à William Merrit Chase,
Théodore Robinson, Robert Vonnoh, Willard Metcalf, et Hassam, Breck, Curran,
Tarbell, Rose ou Bunker parmi une bonne centaine de peintres de qualité. On
réalise alors l’intérêt de ces peintures que le vieux continent a trop
délaissées.
Et que dire de la brillante peinture de John Singer Sargent ? Il est au
niveau des meilleurs Européens de son temps pour le brio de l’exécution, la
sensibilité picturale et la maîtrise des lumières. Il fait figure, à juste
titre de chef de file des “impressionnistes américains”. Pour nous, qui
avons tendance à regarder l’histoire de l’art d’un point de vue trop franco
français, la découverte de ces artistes est une véritable ouverture et
souvent une révélation.
Mercredi 21 novembre
19h30
GÉNIE, FOLIE, MÉLANCOLIE (DE
DÜRER À PICASSO)
par Christian LOUBET, professeur en histoire moderne des
Mentalités des Arts (Institut européen d’Art, Nice)
Le thème de la
Mélancolie imprègne la mentalité occidentale. Sous diverses formes il
concerne les psychologues, les médecins, les philosophes. Cause de
souffrance, de dépression et de folie, le tempérament “mélancolique”est
exprimé par des personnalités exceptionnelles, “génies” littéraires ou
artistiques. Son iconographie, sur quatre siècles est d’une richesse et
d’une variété surprenantes. Depuis Dürer jusqu’à de Chirico, Picasso, ou
Bacon en passant par La Tour, Goya ou Van Gogh, on trouvera dans ces images
troublantes le reflet de notre angoisse existentielle, qui prit les formes
du mysticisme et du romantisme, de l’hystérie et de la psychose
Cycle : Peinture, littérature, musique, dialogues
croisés (1780-1900)
Lundi 26 novembre
14h30
PEINTURE ET LITTÉRATURE
ROMANTIQUES (DELACROIX, GIRODET, ETC…)
par Gilles GENTY
Fruit d’une
sensibilité et d’un imaginaire croissants, le Romantisme est presque par
nature le produit des liens entre peinture, littérature et musique.
Dès les
années 1790-1795, en plein néoclassicisme triomphant, Girodet traduit la
mythologie dans le Sommeil d’Endymion, puis la littérature avec l’Enéide,
avec une sensualité qui préfigure l’affect romantique. Bientôt, Delacroix
sera le lecteur assidu, voire fiévreux de Chateaubriand, de Byron mais aussi
de Shakespeare, qu’il transcrira en des images fougueuses, à la dynamique
continue. Son Journal atteste, par ailleurs, de sa fréquentation assidue de
l’opéra et des salles de concert. Le mouvement est également européen ;de
Scheffer à Blake, en passant par Füssli, nombre de peintres se mettent à
l’heure de Walter Scott, de Goethe ou encore de Dante. Goethe dira lui-même
que les images de Delacroix pour son Faust rendent le texte presque inutile…
Mercredi 28 novembre
19h30
MINIMAL /MAXIMAL
Conférence
organisée dans le cadre du 4e mois américain de Grenoble en collaboration
avec LIA (Lieu d’Images et d’Art).
(entrée libre)